Le Dindon de la Farce

13 janvier 2022

La “contribution-santé” proposée par le premier ministre du Québec n’est qu’une autre vaine tentative pour sauver son bateau qui coule. Les gens ne sont pas dupes : 3 doses (ou plus) par année d’un produit qui ne prévient ni l’infection ni la transmission relève de la folie.

Vouloir faire payer aux non-vaccinés une taxe supplémentaire, alors que les vaccinés se ruent dans les hôpitaux et CISSSS plusieurs fois par mois pour se faire tester, ou vacciner, et qu’ils utilisent une application qui a coûté plusieurs millions de dollars se voyant aujourd’hui complètement superflue dû à la fermeture des commerces où elle était requise, est une vraie farce!

Marcelo Leal

La « nouvelle contribution santé » destinée aux personnes qui ne sont pas vaccinées pour des raisons autres que médicales est jugée fortement contre-productive par plusieurs experts en santé publique consultés par Le Devoir.

Une source de la Direction régionale de la santé publique de Montréal, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles, a confirmé que cette décision n’était pas du tout « alignée sur la santé publique » et qu’elle s’apparentait « à des mesures coercitives qui font plus de torts que de retombées ».

« Ça remet en question le principe de la responsabilité individuelle de la maladie, absent de notre système de santé universel. Les gens ne paient pas pour leurs soins, même si c’est leur faute s’ils fument et développent des cancers. Ça ouvre une brèche dangereuse. On est déjà la province la plus “vaccinée” au pays, et pourtant, nous avons les pires chiffres en ce qui concerne les infections et les hospitalisations. Donc la vaccination ne règle pas tout », explique de son côté Cécile Rousseau, professeure titulaire à la Division de psychiatrie sociale et transculturelle de l’Université McGill.

Au lendemain de l’annonce faite par le premier ministre, François Legault, plusieurs questions demeurent sans réponse, a constaté la cheffe libérale, Dominique Anglade, dans une entrevue. « C’est visiblement une proposition qui était improvisée, a-t-elle dit. […] On ne connaît pas l’efficacité de cette mesure, on ne connaît pas les détails de cette mesure. »

Mme Anglade s’est interrogée mercredi sur les moyens qui devront être mis en place pour que Revenu Québec soit en mesure de valider le statut vaccinal des contribuables. Selon la cheffe libérale, le gouvernement devrait aussi préciser si une, deux ou trois doses de vaccin sont nécessaires pour éviter la contribution. « Il y a mille et une questions qui devraient être soulevées », a-t-elle résumé.

Mercredi, le Parti québécois (PQ) a officiellement demandé à une commission parlementaire de l’Assemblée nationale d’examiner la question de la nouvelle « taxe santé » que le gouvernement veut imposer aux non-vaccinés. Québec solidaire (QS) s’est également positionné en faveur d’une telle démarche.

« L’imposition d’une mesure comme un impôt santé pour les non-vaccinés demande un réel débat à l’Assemblée nationale », a souligné dans un communiqué le chef parlementaire du PQ, Joël Arseneau.”

Le seul argument en faveur de cette “contribution-santé” étant l’occupation des lits par les non-vaccinés, nous sommes en droit de vouloir jeter un nouveau coup d’oeil sur les chiffres : selon un article du 6 janvier par Marie-Eve Cousineau “[…] Quelque 1750 Québécois infectés par le virus sont hospitalisés, soit 116 de moins qu’au pire de la pandémie, lors de la première vague. Mais combien parmi eux se retrouvent à l’hôpital pour la COVID-19 et non pour un autre problème de santé ? Entre 30 % et 50 %, selon des données obtenues par Le Devoir.

Maintenant, 40% de 1750, c’est 700 québécois qui occuperaient les lits d’hôpitaux, partout à travers la province, en raison de la COVID-19. Peu importe le statut vaccinal de ces patients : comment 700 personnes peuvent engorger un système de santé?

Quand on remarque que plus de 2 000 lits ont été fermés depuis 2020, soit 13% des lits d’hôpitaux au Québec (16 076 au total) – c’est moins étonnant. Les urgences débordent depuis des années, ce n’est pas nouveau. Seulement maintenant, nous voulons absolument trouver un bouc émissaire. Et l’on a décidé que le bouc émissaire serait le citoyen qui décide de faire respecter ses droits à l’intégrité de son corps. Pourquoi?

Il ne faut pas se leurrer! Le vrai responsable de cette crise, c’est le gouvernement.

Alain Deneault, philosophe québécois, docteur en philosophie de l’université Paris-VIII, directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, et enseignant de philosophie et de sociologie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, s’exprimait sur la question hier, dans un article du Pivot;

Ça suffit les tartufferies ! La pénalité fiscale qu’entend imposer le gouvernement Legault aux citoyens québécois ne s’étant pas fait vacciner contre la COVID-19 relève d’une diversion. 

Essayons de retrouver quelque peu la raison. La caricature des non-vaccinés comme des ogres d’égoïsme en proie à la paresseuse désinformation de paranoïaques esseulés a assez duré. Nos concitoyennes et concitoyens qui ne procèdent pas à la vaccination le font très souvent sur la base du principe de précaution. Ils le font aussi en fonction de critères distincts en matière de santé publique quant à un vaccin dont personne ne peut connaître les conséquences à long terme, et ce, selon des standards établis. Cette attitude ne repose peut-être pas sur « la » science que les grands médias occidentaux ont entrepris de représenter tel un grand oracle, mais néanmoins sur des positions dissidentes de scientifiques qui sont eux aussi des virologues, des épidémiologues et des spécialistes en pathologies tout à fait respectables. Il arrive par exemple à ces spécialistes de la santé de douter de l’innocuité du vaccin et de penser que ceux-ci favorisent les fameux variants. Et c’est souvent en étant « ostracisés », comme l’a signalé la médecin dissidente Carole Xavier, qu’ils essaient de débattre.

On peut aussi comprendre les citoyens qui ne se font pas vacciner de douter de la parole de gouvernements n’ayant jamais eu très à cœur la santé publique – témoin le dossier de la malbouffe – et de ne pas faire confiance à des entreprises aujourd’hui plénipotentiaires comme Pfizer, représentée depuis vingt ans par des menteurs compulsifs multirécidivistes, comme en atteste aux États-Unis son très lourd dossier juridique (« Pfizer est l’entreprise la plus condamnée au monde dans le domaine de la santé », La Relève et La Peste, 16 décembre 2021). 

Dans le cas de cette dernière vague de contamination par le variant omicron, il est clair que, pour l’immense majorité de la population, le virus en cause est bénin, et qu’autre chose est ici en jeu : le sous-financement chronique du système de santé et l’incapacité qu’il a eue dès le mois de mars 2020 à faire face à toute crise. 

Sur ce point, puisque le premier ministre François Legault s’intéresse à la fiscalité, parlons-en. L’état des institutions de santé s’inscrit au bilan des gens ayant activement milité comme lui, homme d’affaires puis ministre, pour la transformation de la société selon le modèle de la grande entreprise, l’allègement de la responsabilité fiscale des entreprises et la réduction du rôle social des États. Selon cette logique, il fallait pour l’État le moins possible perturber la marche des affaires permettant à une société comme le Québec de se doter elle aussi d’opulents milliardaires qui allaient créer de la richesse!

On connaît le modèle, dûment enseigné dans des écoles de commerce largement financées par l’État : créer de l’emploi dans des zones franches d’Asie ou d’Amérique centrale où exploiter un prolétariat démuni est légion, écouler de la marchandise en engrangeant de faramineux profits dans les marchés occidentaux et enfin thésauriser au maximum les actifs découlant de telles opérations dans les comptes de structures factices créés dans les paradis fiscaux. Cela explique que, bon an mal an, à peu près seulement 10 % du budget de l’État provient des entreprises, une donnée qui comprend la contribution des PME beaucoup plus captives que les grandes entités, tandis que la majorité des États où nos gens d’affaires « investissent » année après année à l’étranger selon Statistiques Canada sont des paradis fiscaux.  

Il faudra un jour que ces gens assument leur bilan : il était déjà inadmissible, à l’aube de la situation sanitaire en 2020, qu’un État riche comme le Québec disposât d’un système de santé qui fut alors à peine à la hauteur des besoins publics, comme si un tel service ne devait pas se donner une marge d’action pour faire face à toute éventualité.

Aussi, sur un plan strictement fiscal, si monsieur Legault veut faire les comptes, il devra considérer qu’il fait partie, lui, comme idéologue – et à titre d’exemple  comme administrateur d’Air Transat, laquelle disposait de comptes à la Barbade sous son égide – de ceux qui ont le plus contribué à ruiner le système de santé.

Les urgences qui débordent, c'est de la vieille nouvelle.
Et ça n'a rien à voir avec la situation actuelle.

On a toujours passé plus de temps à chercher un coupable – à blâmer la grippe, ou le ministre de la santé, ou le gouvernement au pouvoir – qu’à réellement travailler à régler le problème. La différence aujourd’hui, c’est qu’on blâme un citoyen responsable, informé et consciencieux, et qu’on essai de lui en faire payer le prix, par tous les moyens possibles, en passant de la violence psychologique, exclusion, discrimination, jusqu’au chantage et extorsion. Ce que fait M. Legault, et tous ceux qui l’encourage, n’est ni plus ni moins que du banditisme.

Laurence BL
Chief Editor

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